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L'énergie solaire, de la parole aux actes

20 février 2012

L'énergie solaire, de la parole aux actes

(Shawinigan) L'alimentation solaire est souvent citée dans la palette des énergies vertes de demain, mais concrètement, cette application se développe très lentement au Québec. Philippe Lafrenière veut contribuer à accélérer le rythme avec la mise au point de son LuxOsol Gradation, un appareil d'éclairage extérieur compact, dépourvu de l'encombrant système de câblage.
Ce luminaire solaire vient de recevoir une mention spéciale dans la catégorie «Innovation technologique» de la 22e soirée Énergia de l'Association québécoise pour la maîtrise en énergie. Une reconnaissance qui gonfle la confiance du jeune entrepreneur, qui souhaite passer à l'étape de la production industrielle d'ici la fin de l'année.

Pour le moment, M. Lafrenière bosse dans le garage de sa maison du secteur Lac-à-la-Tortue. À lui seul, il peut assembler une centaine d'unités par mois, mais il s'attend à ce que la demande augmente au fur et à mesure que son produit sera connu.

L'homme d'affaires de 30 ans cible particulièrement les parcs, les pistes cyclables, les abribus ou les sentiers des municipalités. Il croit aussi au potentiel des lieux de villégiature, des pourvoiries, de l'affichage publicitaire le long des autoroutes ou des stationnements.

En fait, le président de Vision Solaire vise les endroits isolés, où la prolongation du réseau électrique peut devenir complexe.

Le LuxOsol Gradation s'installe à cinq mètres du sol et s'active grâce à une pile alimentée à l'énergie solaire. Il est également équipé d'un détecteur de mouvement, qui permet à l'appareil d'offrir un éclairage de haute intensité lorsqu'une présence est repérée à environ huit mètres de distance. La pile de type GEL possède une autonomie de 24 heures consécutives sans recharge et une durée de vie de sept ans. Chaque appareil vaut entre 1250 $ et 1450 $.

Entrepreneur dans l'âme

Shawiniganais d'origine, Philippe Lafrenière avait passé les dix dernières années de sa vie à Montréal avant de fonder son entreprise, l'an dernier. Il possède un baccalauréat en sciences, profil électrique, de l'École polytechnique de Montréal.

Tout au long de son parcours, il a toujours su qu'il se lancerait en affaires un jour. Il a fait le grand saut après trois années chez Pageau Morel et associés, une firme d'ingénierie. «J'adorais mon travail, mais j'aurais regretté de ne pas avoir essayé si je ne m'étais pas lancé!», sourit-il. «Quand on travaille pour une bonne compagnie, notre carte d'affaires est respectée. Tout d'un coup, on tombe tout nu, on n'est plus personne. Le plus difficile quand on se lance en affaires, c'est de donner une crédibilité à son entreprise.»

L'entrepreneur était guidé par deux objectifs bien précis quand il a identifié son créneau. «Je veux faire tomber les idées préconçues au sujet de l'énergie solaire», explique-t-il. «Soit qu'on pense que c'est cher, soit qu'on pense que c'est difficile à installer. Je veux faciliter l'intégration de cette technologie dans la société, faire tomber une barrière psychologique.»

Le jeune homme a vite constaté que les mesures incitatives pour le développement cette filière au Québec ne se comparent pas à ce qu'il a observé en Ontario ou aux États-Unis. Le manque de subventions disponibles et le fait que l'hydroélectricité réponde aux besoins à des coûts très compétitifs retardent sans doute, selon lui, l'émergence de l'énergie solaire.

Son premier prototype a été terminé en juin 2011. M. Lafrenière s'occupe de la conception du modèle et de son assemblage. Le deuxième semestre de la dernière année a servi à trouver du financement, à conclure des ententes avec des fournisseurs de pièces et à établir une stratégie de commercialisation.

Il a déjà vendu des unités en Alberta et en Sasktachewan. La Ville de Shawinigan s'intéresse évidemment au concept.

«C'est sûr que pour l'éclairage des rues ou des autoroutes, on aura toujours besoin de beaucoup de puissance», concède-t-il. «Mais pour des parcs, des pistes cyclables ou des endroits de villégiature, peut-être que dans quelques années, on ne se posera plus la question à savoir s'il faut amener des fils électriques.»

Source : Le Nouvelliste


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